La Fédération des Entreprises du BTP du Département du Rhône est une organisation professionnelle qui a pour but de représenter et défendre les entreprises de bâtiment et de travaux publics
auprès des pouvoirs publics, des décideurs économiques et des autres acteurs de la construction.

Membre de la Fédération Française du Bâtiment

Unis, combatifs et solidaires Pour nous rejoindre, retrouvez-nous sur btprhone.fr et contactez Sacha Miljevic au 06.71.37.79.42

espace adhérent

espace adhérent

Email utilisateur :

Mot de passe

Mémoriser ses identifiants

OK

ACTUALITES

Panneaux isolants polyuréthane - Pénurie et inflation, la double peine !

Le 26 juillet 2017

Les entreprises d’étanchéité sont pénalisées à la fois par une forte augmentation du prix des panneaux isolants polyuréthane, et depuis peu, par l’allongement des délais de livraison de ce même produit, indispensable à leur activité. « On s’en serait bien passé, notamment à un moment où nos carnets de commandes commencent à bien se garnir », enrage François Baratin, président de la chambre syndicale d’étanchéité de BTP Rhône et Métropole.

Depuis quelques semaines, les entreprises du Bâtiment spécialisées dans le secteur de l’étanchéité sont confrontées à un double problème : la hausse importante des prix (+ 40 % !) et maintenant la pénurie d’un matériau qu’elles utilisent au quotidien, à savoir les panneaux isolants polyuréthane.

Conséquences de cette difficulté conjoncturelle, liée à des incidents qui se multiplient chez les producteurs de MDI (Mathyl-di-isocyanate), cette matière première indispensable à la fabrication des panneaux isolants polyuréthane : un surcoût dont il faut négocier âprement la prise en compte par le maître d’ouvrage, et le retard pris sur les chantiers (et les pénalités), voire l’impossibilité de les lancer.

« Pour nous, c’est la double peine », résume François Baratin, le président de la chambre syndicale d’étanchéité de BTP Rhône et Métropole. Interview.

Depuis quand connaissez-vous des difficultés d’approvisionnement en panneaux isolants polyuréthane ?

François Baratin (F. B.) : Dans un premier temps, depuis avril dernier, nous avons été confrontés subitement à une forte hausse des prix de ces matériaux ; d’abord + 30 %, puis + 35 %, et bientôt 40 % selon les produits ! Et depuis la mi-mai, nous devons faire face à une pénurie : alors que d’ordinaire, nous sommes livrés en panneaux isolants polyuréthane en six jours maximum, il faut compter aujourd’hui six à huit semaines avant de disposer de ces produits indispensables à notre activité.

Voyez-vous une issue à cette situation préjudiciable ?

F. B. : Selon les fabricants, le cours normal de la production de ces panneaux devrait être rétabli à l’horizon septembre 2017. Mais avant que les livraisons ne retrouvent leur rythme habituel, il faudra attendre la fin d’année. A priori, nous avons donc six mois à attendre. Toutefois, si la pénurie doit bientôt disparaître, la hausse des prix, elle, ne va pas s’estomper !

Quelles mesures pouvez-vous prendre pour pallier cette difficulté ?

F. B. : Pour faire face à la pénurie, nous essayons d’obtenir le report de certains chantiers ; mais c’est souvent difficile. Parfois, nous pouvons utiliser un produit isolant de substitution, comme le polystyrène. Mais pour obtenir une performance comparable, il faut utiliser des panneaux plus épais, 20 mm au lieu de 12, par exemple ; or, nous sommes souvent contraints par des hauteurs de relevé qui empêchent le recours à cette solution.

Comment limiter l’impact économique de cette situation ?

F. B. : Nous devons renégocier nos marchés, ce qui, là encore, n’est pas tâche facile. Si, au début, nous pouvions nous appuyer sur l’argument de l’imprévision, c’est moins le cas aujourd’hui. Les marchés déjà traités, que nous avons négociés au cours « normal », nous pénalisent beaucoup ; ceux pour lesquels nous avons anticipé une hausse de 25 %, un peu moins. Mais désormais, il faut traiter en intégrant une hausse de 40 %... Ce que les maîtres d’ouvrage apprécient peu… Pour l’instant, peu de clients acceptent le surcoût.

Quid des pénalités ?

F. B. : Nous sommes effectivement confrontés à des pénalités de retard sur certains chantiers. Nous cherchons à les négocier en expliquant que ces délais ne sont pas de notre fait. Certains maîtres d’ouvrage sont ouverts à la négociation, d’autres pas.

La santé financière de vos entreprises va être mise à mal…

F. B. : Effectivement ! Entre les hausses que nous ne pouvons pas répercuter, le surcoût lié aux éventuelles pénalités ainsi que l’arrêt temporaire de certains chantiers qui ne sont pas livrés à date,  nos marges vont être très fortement impactées. On s’en serait bien passé, notamment à un moment où nos carnets de commandes commencent à bien se garnir.

Que fait l’organisation professionnelle pour endiguer les effets de cette conjoncture défavorable ?

F. B. : Au niveau national, la Chambre Syndicale Française de l'Etanchéité (CSFE) a tiré la sonnette d’alarme. Au niveau de notre département, le service juridique de BTP Rhône et Métropole nous a adressé une circulaire qui nous donne des conseils sur la conduite à tenir ainsi que sur les précautions à prendre, tant en matière de marché privé que de marché public. Une aide précieuse !


Le 26 juillet 2017